Chapitre 1

Un soldat ennemi débarqua en face de moi, et braqua son flingue dans ma direction, la bouche tordue en un rictus. J'eus à peine le temps de sauter afin de me réfugier derrière un mur, que le bruit retentissant d'une bombe se fit entendre dans l'immeuble, se mêlant à la pluie de tirs de mon adversaire. C'est alors que je pris conscience que le vieux et délabré bâtiment pouvait à tout instant devenir ruines ; peut-être y avait-il encore d'autres explosifs cachés dans des recoins. Je me projetai vers la fenêtre la plus proche, priant pour que je ne meure pas, que je puisse sortir de cet enfer. Mais je savais bien que si je survivais de ce saut de cinq étages, ce qui m'attendait dehors était bien pire...
Après une chute libre de quelques secondes, mes pieds heurtèrent durement le sol comme par miracle. Et l'explosion retentit. Assourdissante.
Enorme.
Bien que la fumée cachait la majeure partie de ce qu'il y avait derrière moi, je pus malgré tout apercevoir les restes carbonisés de l'ancien immeuble. Ainsi que les nombreux cadavres qui jonchaient le sol. Tous étaient noirs de cendres, semblables à des horreurs qu'aucun humain n'aurait pu décrire tant l'atrocité était grande. Je n'aurais su dire lesquels avaient été mes frères d'armes, ou même mes ennemis. En une fraction de seconde, il ne restait plus rien d'eux. Aucune identification possible. Le paysage qui se trouvait autour de moi avait simplement été dévasté ; un champ où avaient été semés la mort et le sang.
Désormais, j'étais seul contre tous.
_ Nathan ! A table !
Un soupir m'échappa.
_ Mais maman, tu ne peux pas me faire ça ! Il faut absolument que je passe au niveau quatorze !
_ Nathan, tu veux vraiment que je vienne te chercher ? demanda-t-elle d'une voix menaçante.
Je passai une main dans mes cheveux bruns, résigné.
_ J'arrive.
A contrec½ur, je sauvegardais ma partie de jeux vidéo avant de descendre les escaliers en trainant les pieds.
_ Nathan ! Nathan !
_ Ne crie pas, je suis là. Quoi ?
_ Tu as vu ? Tu as vu ?
_ Will, tu es obligé de répéter deux fois ce que tu dis ? C'est agaçant.
Ma mère fronça les sourcils en me faisant de gros yeux.
_ Sois gentil avec ton petit frère, s'il te plait. Il fête son anniversaire.
Je ne pus m'empêcher de lever les yeux au ciel.
_ Sans blague ! Il n'a pas cessé de me le répéter tout au long de la semaine.
Par tradition, nous cachions toujours les cadeaux sous la serviette de la personne qui chaque année devenait un peu plus vieille.
Lorsque William souleva la sienne, ses yeux s'agrandirent de surprise. Il frappa dans ses mains, l'air ravi.
_ C'est pour moi ! C'est pour moi !
_ Je t'ai dit d'arrêter de te répéter sans cesse.
_ Laisse-le tranquille, m'ordonna ma mère.
Je me grattai la tête, en regardant mon frère. Il me ressemblait tant ; le même visage, la même couleur de cheveux... Pourtant, il avait deux caractéristiques différentes, dont une que je lui enviais énormément. Will avait le magnifique regard brun de notre père, tandis que le mien était bleu. En revanche, son absence de cerveau ne me jalousait pas le moins du monde.
_ Waouh ! Un jeu Pokémon pour Game Boy ! Merci maman !
Elle lui sourit tendrement.
_ Comment sais-tu qu'il vient de moi ?
Mon frère me lança un regard accusateur.
_ Nathan est trop radin pour m'offrir un aussi beau cadeau.
Je ne fis aucun commentaire en rapport avec son dernier présent à mon intention. A savoir, une boîte de chewing gum vide.
_ Tu n'ouvres pas le deuxième paquet ? demanda notre génitrice.
William fit un signe négatif de la tête, en le prenant dans ses petits bras.
_ C'est parce qu'il vient de moi ? lançai-je, avec une once de déception.
_ Nan.
_ Alors pourquoi ?
_ J'aime bien les étoiles, sur le papier cadeau.
Je me pris la tête dans mes mains.
_ Qu'il est bête, murmurai-je.
La paume de ma mère claqua sur ma nuque, sans vraiment me faire mal. Will éclata de rire.
_ Aïe, dis-je, vraiment peu convainquant. Dis, pourquoi tu joues encore à la Game Boy ? C'est craignos, quand même.
_ C'est de son âge. Et puis, ne lui demande pas une chose pareille alors que je lui ai justement acheté un nouveau jeu.
_ OK, OK, je n'ai rien dit, capitulai-je.
_ Et si on mangeait ? proposa Will avec un grand sourire.

Quelques minutes plus tard, j'avalai la dernière bouchée de me part de pizza avec délice. Au même instant, mon petit frère posa ses deux mains sur son ventre.
_ Ouh ! J'ai trop mangé.
_ Essuie-toi la bouche, dis-je.
Il le fit. Avec le manche de son tee-shirt.
_ Will ! gronda ma mère.
_ Fêter son anniversaire juste avant la rentrée des classes, c'est pas terrible. En plus, demain tu vas rentrer en sixième, dis-je sournoisement.
_ Tu sais très bien qu'il faut le rassurer, pas lui faire peur. Entrer au collège est une grande étape, pour lui.
_ Et c'est pour ça que je le terrorise. Pour qu'il sache ce qui va l'attendre.
Will me jeta un regard apeuré.
_ Nathan, viens avec moi dans la cuisine, dit-elle en entrant dans la pièce évoquée.
Je tirai ma chaise en murmurant d'une voix sinistre :
_ Tu ne t'en sortiras pas vivant, là-bas.
Un hoquet d'effroi lui échappa, à ma grande satisfaction. J'étais plutôt bon, à ce jeu là ; intimider les gens m'éclatait.
J'aidais ma mère à allumer les onze bougies du gros gâteau au chocolat.
_ Je porte, et tu chantes, dit-elle.
_ Hors de question. Tu chantes. Tu sais très bien que le chant et moi, ça fait deux.
_ « Joyeux anniversaire » est à la portée de tout le monde, Nathan.
Je m'emparai de la pâtisserie avec un sourire.
_ Je suis sûr que tu peux y arriver, dis-je avec conviction.
Elle soupira en éteignant les lumières. J'entendis distinctement le gloussement enchanté de mon petit frère à la vue du gâteau, à l'instar de ma mère. Grâce à cela, je pus me diriger dans le noir dans sa direction et déposer le plat sur la table, sous le chant d'anniversaire. Nous rallumâmes l'éclairage et William souffla de toutes ses forces sur les bougies.
Ma mère applaudit, aux anges. Son fils grandissait.
_ Maintenant, je peux ouvrir le cadeau de Nathan, décréta-t-il.
Je levai un sourcil, surpris.
_ Les étoiles ne te plaisent plus ?
_ Elles m'ont dit qu'il fallait ouvrir le paquet.
_ Bien sûr. Moi, c'est Dieu m'a parlé, ce matin. Il m'a permis de te foutre une baffe.
_ Maman ! sanglota-t-il.
_ Nathan !
Quelle précision ! Un enchaînement parfait.
Il arracha le papier cadeau, comme si le fait qu'il soit en miettes allait me causer de la peine et me déprimer à tout jamais.
_ Oh ! Mais c'est... c'est... c'est quoi ? demanda Will.
_ Ce que tu voulais, répondis-je platement.
_ C'est quoi, maman ?
_ Je crois que c'est..., commença-t-elle en le prenant dans ses mains.
Le bruit qui en sortit l'arrêta nette dans sa phrase.
_ ... Un coussin péteur, terminai-je.
_ Mais pourquoi lui as-tu acheté une horreur pareille ?
Will rit jusqu'à en avoir les larmes aux yeux.
_ Il l'a vu à la télé, le mois dernier. Et il voulait le même. Apparemment, il a la mémoire courte.
Elle ouvrit la bouche, et le referma aussitôt lorsque son regard se posa sur son fils, radieux par ce cadeau.
_ C'est génial ! A l'école, ils vont être morts de rire.
_ Ne le ramène pas le premier jour, tu risques de te faire repérer par les profs, et te le faire confisquer, conseillai-je.
_ Il n'y a pas qu'une seule maîtresse ?
Je ris franchement. Ce mot, je ne l'avais pas entendu depuis longtemps.
_ Non. Au collège, c'est « Monsieur », ou « Madame ».
_ Pas « maîtresse » ?
_ Qu'est-ce que je viens de te dire, Will ? soupirai-je.
_ Et si nous goûtions ce magnifique gâteau ? nous coupa notre mère.

_ Je veux dormir avec Nathan ! implora mon petit frère à ma mère.
_ Hors de question ! Je ne veux pas de lui.
_ C'est mon anniversaire : tu dois faire tout ce que je te demande.
Je ris.
_ Ouais, c'est ça. Imagine un peu ce que je vais t'obliger à faire, au mien.
Will déglutit difficilement.
_ Heu... maman, finalement, je veux dormir avec toi !
_ Mon chéri, il vaut mieux que tu ailles dans ta chambre. Les cours commencent demain, et...
_ Justement. J'ai un peu peur, chuchota-t-il.
_ Heureusement que je n'étais pas comme Will, à onze ans, déclarai-je avec un sourire.
_ Tu étais exactement pareil, Nathan, dit ma mère en fronçant les sourcils.
Je posai un doigt sur mes lèvres.
_ On ne doit pas mentir devant des enfants !
Sur ce, je claquai ma porte et la fermai à double tour. Enfin seul !
Je sortis de mon placard mon vieux sac d'école, et y fourrai quelques feuilles, deux cahiers vierges, ainsi que ma trousse. Je n'avais pas besoin de grand-chose, pour mon premier jour en troisième. Avec un peu de chance, j'allais peut-être me retrouver dans la même classe que Grégoire, contrairement à l'année passée. Ce mec était génial. Avec nostalgie, je repensais à notre rencontre, qui n'aurait jamais eu lieu si je n'avais pas été renvoyé de cours.
J'attendais dans la file d'attente pour aller chez le préfet des quatrièmes. Ce jour là, je me souviens que j'avais répondu à mon professeur d'anglais, et en conséquence, je me retrouvais avec un mot d'indiscipline en cours. Alors qu'il ne restait plus qu'une seule personne devant moi, un autre élève arriva, un grand sourire aux lèvres. Il était blond, grand, et semblait plutôt sympathique. D'emblée, il entama la conversation avec moi.
_ Tu t'appelles comment ?
_ Nathan.
_ Greg. Tu attends pour quoi ?
_ J'ai dit ce que je pensais à mon prof. Et toi ?
_ J'ai cramé les cheveux de ma voisine, en cours de chimie.
Je ris discrètement, ne voulant pas attirer l'attention du préfet.
_ Sans charre ?
_ Ouais.
_ Comment t'as fait ?
_ Avec un circuit électrique.
_ Enorme !
Une voix sortant du bureau se fit entendre, ordonnant au suivant de se présenter.
_ C'est ton tour, je crois, dit Grégoire.
_ Ouais. T'es dans quelle classe ? demandai-je avant de partir.
_ Quatrième sept.
_ Moi, quatrième deux.
_ Bonne chance.

Soudain, j'entendis des coups sur ma porte de chambre. Je me levai en soupirant et allai ouvrir.
Lorsque je passai la tête dans l'ouverture, il n'y avait personne de l'autre côté.
_ Will ? Tu sais que c'est un jeu de gamins, de faire ça ? C'est stupide, et ça ne sert à rien. Et puis, je sais que c'est toi, parce que ça m'étonnerait vraiment que maman joue encore à ce genre de choses à son âge.
Il sortit de sa chambre, l'air fâché.
_ Tu ne joues jamais avec moi ! T'es méchant !
_ Ouais, ouais. D'ailleurs, c'est moi le terrible et mauvais Joker, dans le dessin animé de Batman. Bon, laisse-moi tranquille maintenant, et vas te coucher. Ça vaut mieux pour tout le monde, crois-moi.
_ Ce... C'est toi, le Joker ? C'est toi qui as voulu tuer Batman ?
_ T'avales vraiment tout ce que je raconte, remarquai-je.
_ Tu n'es pas méchant, tu es moche ! Tu ressembles à une vieille chaussette pourrie !
_ Bonne nuit, le débile, dis-je en lui claquant la porte au nez.
Et dire que je vivais avec lui !

# Posté le vendredi 29 août 2008 08:32

Modifié le jeudi 12 février 2009 14:18

Chapitre 2

J'étais jeune. J'avais cinq ans. Et je savais pertinemment que je n'avais rien à faire là en plein milieu de la nuit.
Mais leurs cris m'empêchaient de dormir. Je voulais savoir pourquoi ils se disputaient, mais ma conscience me chuchota que ce n'était peut-être pas le bon moment de le leur demander. Sur la pointe des pieds, je passai devant la porte de la chambre de mon frère, dont le sommeil ne semblait pas être troublé par les voix des parents. Depuis toujours, il avait eu le sommeil lourd.
Plus je continuais à avancer vers la porte de ces derniers, plus leurs paroles me semblaient proches. Pourtant, elles n'avaient aucun sens pour moi ; mes parents parlaient-ils une autre langue ? Toutefois, les mots m'étaient familiers, comme si c'était moi qui ne voulais pas les comprendre.
Pourquoi ?
Je me réveillai en sursaut. Encore ce rêve ! Il commençait à m'agacer sérieusement. Il revenait souvent, et à chaque fois, c'était comme si j'avançais seulement d'un pas. Et il me semblait que c'était un lointain souvenir, que j'avais voulu oublier et auquel je désirais ne plus jamais y penser.
Bien sûr, il fallait que je le fasse la nuit avant la rentrée. Déjà que j'allais reprendre les cours, pourquoi s'acharner pour me rendre de mauvaise humeur ? De toute façon, c'était déjà fait !
D'un coup sec, j'enlevai mes draps et m'étirai. A cet instant, mon réveil sonna. Du plat de la main, je lui donnai un violent coup afin que cette sonnerie stridente et irritante cesse. Ce geste donna l'effet escompté, mais j'eus soudain un doute lorsque je n'entendis même plus l'aiguille des secondes tourner. Son petit tic-tac habituel avait disparu.
_ J'y suis peut-être allé un peu fort, murmurai-je.
J'enfilai un pantalon et un tee-shirt, puis descendis dans le salon pour préparer le petit-déjeuner. En sortant les bols, je me rendis compte qu'il y avait deux taches rouges sur le sol de la cuisine. Je me débarrassai les mains, et m'accroupis près des deux petites marques étranges. Tout en les observant, je mouillai à peine mon index et le senti.
_ Bizarre... ça sent le sirop à la fraise.
Je m'emparai d'un mouchoir et essuyai rapidement le sol. Que faisaient ces taches ici ?
_ Tu as besoin d'aide ?
Un cri de surprise m'échappa.
_ Maman... Pourquoi tu m'as fait peur ?
_ Ça m'amuse.
_ William est réveillé ? demandai-je en me coupant une tranche de pain.
_ Oui, ne t'inquiète pas. Alors, pas trop stressé par ton entrée en troisième ?
_ 'as du 'out, dis-je la bouche pleine.
_ Tu es content de retrouver tous tes amis ?
_ Tu veux dire si je suis heureux de retourner en cours ? Non, pas vraiment.
_ Nathan ! Si tu vas au collège, ce n'est pas pour te punir.
_ Ouais, je sais. Mais papa disait qu'il fallait profiter des heures de cours pour faire l'école buissonnière.
_ Ton père n'est plus là, dit-elle gravement.
_ C'est vrai ? Merde, je n'avais pas vu ! ironisai-je méchamment.
_ Nathan...
_ Ça fait plus de dix ans qu'il a disparu. Je me souviens à peine de lui, juste son regard, sa voix. Et quelques paroles...
_ Ne pense plus à ça.
_ Ouais. C'est vrai, ça n'en vaut pas la peine, hein ? Toi, tu ne le regrettes pas, vu comment tu te disputais avec lui ! Tous les soirs, c'était la même scène...
_ Maman ? murmura une voix dans mon dos.
J'arrêtai brusquement mes paroles, ne voulant choquer mon petit frère.
_ Papa est revenu ? demanda-t-il en s'approchant d'elle.
_ Non, Will. Papa ne reviendra pas.
Qu'en savait-elle ? Elle le pensait mort ? J'étais certain qu'elle ne l'aimait pas, qu'elle ne l'avait d'ailleurs jamais aimé. Et si elle avait pu, elle l'aurait probablement tué de ses propres mains.
Quelles sombres pensées... chuchota une voix dans ma tête.

J'arrivai devant le collège, accompagné de mon frère qui était accroché à la jambe de ma mère.
_ Will, il faut me promettre d'être sage à l'école, et de te faire des amis. D'accord ?
_ J'aurais des bonbons ?
Elle soupira.
_ OK.
_ Alors c'est promis !
Promettre de donner des friandises à condition qu'il se fasse des amis... J'aurais vraiment tout vu.
_ Maintenant, tu restes avec Nathan jusqu'à ce qu'on t'appelle et qu'on te dise ta classe. Il va s'occuper de toi.
_ Oui, maman.
_ Eh ! Attends, tu pars ? demandai-je. Je ne veux pas me le taper ! J'en ai rien à foutre de lui, moi ! Et puis je dois aussi aller en cours, figure-toi !
_ Nathan, tu t'occupes de Will. Il n'y a pas à discuter, et je dois aller travailler.
_ Et moi, aller dans ma classe !
Elle embrassa mon petit frère sur le front et partit sans se retourner. Je soupirai. En vérité, elle ne me laissait pas le choix.
J'étais en train d'hésiter entre le laisser seul dans la rue ou le refiler à un passant, quand il interrompit mes réflexions.
_ Dis, on joue à chat ?
Je crois que finalement, je vais le vendre.
_ Tu sais que tu vas aller dans ta classe dans dix minutes, et tu veux jouer avec moi ? Tu me prends pour qui ? Ta nounou ?
_ Nathan ! implora-t-il.
_ Non. Fous-moi la paix ! Tu ne sais pas te tenir tranquille, toi.
Il me prit brusquement la main et la serra fort.
_ Nathan !
_ Lâche-moi ! Je ne suis pas un jouet avec lequel tu peux faire ce que tu veux.
_ Alors un cache-cache ?
_ Mais non ! Tu es énervant, à la fin. Ce n'est pas moi qui ai voulu rester avec toi, alors tes caprices, tu peux te les mettre où je pense ! Et tu as promis d'être sage. Si tu ne l'es pas, tu n'auras pas de bonbons !
J'avais un peu honte de faire un chantage aussi débile, mais visiblement, il porta ses fruits. Mon petit frère lâcha ma main.
_ Nathan ?
_ Quoi ?
_ Je... euh, rien.
_ Tu parles pour ne rien dire ? T'es vraiment stupide.
De loin, j'aperçus une femme vêtue d'un tailleur gris approcher dans notre direction.
William tira doucement la manche. Avec résignation, je m'accroupis à sa hauteur.
_ Dis, tu...
_ Tu... ? insistai-je.
_ Tu es vraiment le Jocker ?
_ Hein ?
_ William Leen ? cria la jeune femme que j'avais vu quelques instants auparavant.
_ C'est moi ? me demanda-t-il.
_ Parce que tu sais plus comment tu t'appelles, maintenant ? Bien sûr, que c'est toi. Allez, file !
Il partit en courant, son cartable en main et un sourire radieux aux lèvres vers sa nouvelle institutrice. C'est en la détaillant un peu plus que je la reconnus. Mme Brien.
Will avait de la chance de l'avoir, elle était vraiment très intentionnée avec ses élèves, et je me souvenais encore de la manière dont elle m'avait encouragé, m'avait fait progressé lorsque j'avais du mal dans mes études. Il n'y avait pas de doute. Cette femme était vraiment formidable.
Je jetai un rapide coup d'½il à ma montre. C'est avec horreur que je découvris qu'il ne me restait que deux petites minutes avant de débuter les cours !
_ Merde ! lâchai-je entre mes dents.
Je partis au pas de course, sans me faire de souci pour mon frère. Il était entre de bonnes mains.

_ Eh, mec ! Tu cours où comme ça ? demanda une voix dans mon dos. C'est ici, ta classe.
Je me retournai, encore un peu essoufflé.
_ Greg ! Ne me dis pas...
_ ...Qu'on est dans la même classe ? Si.
_ C'est génial ! Ça fait plaisir de te revoir, m'exclamai-je avec enthousiasme. T'as passé de bonnes vacances, toi ?
_ Ouais, mais je me suis plus fait chier qu'autre chose.
_ T'étais où ?
_ Dans le Sud. Et toi ?
_ A l'Ouest. Mais ce n'était pas super. On a eu principalement de la flotte.
_ On se met à côté, en cours ?
_ Bien sûr, dis-je. Tu sais qui est notre prof principal ?
_ Ouais, c'est un d'anglais, avec un nom bizarre.
_ Et le monsieur au nom étrange te dit d'aller à ta place, déclara une voix grave dans notre dos.
Grégoire fit un bond de surprise. Avant même que le cours ait commencé, notre instituteur nous avait déjà dans le collimateur.
Quelque chose en moi me chuchota que je n'allais pas beaucoup aimer ce prof.



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Hey' les Gens!

Mon blog principal: Bwaha.
Sinon, vous en pensez quoi? =D

Bisous (L)

# Posté le vendredi 29 août 2008 08:33

Modifié le mercredi 25 février 2009 09:20

Chapitre 3

_ Nathan ?
Je me retournai discrètement vers mon voisin.
_ Quoi ? murmurai-je.
_ On s'emmerde trop !
_ Je sais. Je suis dans le même cours que toi, si t'avais pas encore remarqué.
Grégoire prit alors sa paire de ciseaux, me regardant avec un grand sourire.
_ Tu comptes faire quoi, au juste ? Parce qu'avec ça, t'iras pas très loin.
_ Mais nan, crétin ! Regarde...
Il rapprocha dangereusement son outil en direction de la longue chevelure blonde de la fille juste en face de lui, sans se défaire de son sourire vicieux.
_ Arrête, fais pas le con. Ça ne va t'avancer à rien de le faire, dis-je.
_ Et c'est exactement ce que je pense, gronda la voix de notre professeur d'anglais. Mr Raff, vous viendrez me voir à la fin du cours, s'il vous plait. (Il toussa bruyamment). Bien, continuons. Nathan, vous voulez bien continuer ?
Je lançai un regard désespéré à mon voisin, qui fit mine de ne rien voir. Du doigt, je parcouru le texte que j'avais sous les yeux, espérant avec désespoir une quelconque illumination.
Mais rien ne vint.
_ Je... heu...
_ Vous ne suiviez pas, Mr Leen ?
Son regard gris et dur me transperça comme une flèche mortelle.
_ Non, avouai-je piteusement, baissant la tête.
Un silence de morts s'installa dans la classe, et tous les visages étaient rivés sur moi. Toutes ces paires d'yeux, avides de curiosité, me regardaient et je me sentais gêné, comme si j'étais étranger et différent d'eux,
Comme si j'étais un monstre.
_ Puisque mon cours ne vous intéresse pas, allez en permanence ! Et Mr Raff aussi ! Les parasites de votre genre ne nous intéressent pas.
« Parasites »... Décidemment, je commençais bien l'année !
Mais lorsqu'il disait « nous », je ne voyais pas vraiment de qui il parlait, mis à part de lui-même.
Ou peut-être avait-il des dédoublements de personnalités qui l'incitaient à parler de lui au pluriel comme le faisaient les rois au Moyen-Âge, avec l'idée qu'ils étaient supérieurs aux autres puisque leur pouvoir royal était considéré comme divin ; ou alors il partait du principe que tout le monde était d'accord avec ses propos, empêchant ainsi toute opposition car de son point de vue, il n'y avait aucune objection possible.
C'est avec ce crucial dilemme en tête que je passai la porte de la classe, aux côtés de Grégoire.
_ Sept minutes, dit Greg.
_ Hein ?
_ On a eu un cours de sept minutes, déclara mon meilleur ami, fier de lui.
Je levai un sourcil désapprobateur.
_ Je ne vois pas ce qui est amusant, dis-je. On n'a rien à foutre, pendant cette heure de perm.
_ On va glander. De toute façon, je n'ai rien dans mon sac.
Alors que nous tournions à l'angle du couloir en direction de la cour, on me rentra brusquement dedans, me coupant le souffle par la même occasion. Par réflexe, j'entourai de mes bras la personne.
_ Hé, Nath, je vais aux chiottes, dit soudainement Grégoire comme s'il n'avait pas vu ce qu'il venait de se passer, et partant déjà loin.
Je baissai la tête vers une jeune fille plutôt jolie, qui avait le visage en feu et l'air farouche.
_ Mais putain ! Tu ne pouvais pas faire attention ?
Aussitôt, j'enlevai mes mains de son dos.
Elle n'avait vraiment pas l'air commode.
_ Mais dégage, dit-elle en me repoussant. Je suis déjà assez en retard comme ça !
Je m'éloignai le plus possible d'elle, interloqué, pendant qu'elle reprit sa course dans le corridor en laissant sa chevelure brune flotter derrière elle.
_ Eh ben ! murmurai-je, encore un peu surpris.
_ Elle s'appelle Kate March, dit une voix dans mon dos.
C'était Greg.
_ T'étais pas aux WC, toi ? demandai-je en regardant les lieux évoqués, au bout du couloir.
_ Non.
_ Pourquoi tu m'as sortit que t'y allais, alors ? C'est stupide.
_ Je ne voulais pas lui parler, dit-il en évitant mon regard.
_ De qui tu parles ?
_ De Kate. Dis, ça t'arrive d'écouter les gens, toi ?
Je ne répondis rien.
_ Bon. On fait quoi, maintenant ?
_ On va dans la cour, c'est mieux que de poireauter tous seuls dans une classe vide.
_ Ouais, dit-il en enfonçant ses mains dans ses poches.
Je décidai de ne pas aborder le sujet Kate March avec Grégoire, ce qui s'avéra être une bonne idée, car il ne le fit plus lui-même...

Après avoir froissé une feuille, Grégoire visa la poubelle la plus proche, et réussi à l'envoyer à l'intérieur. Il éclata de rire.
_ Ah ! Je suis trop fort.
_ T'es surtout très con, dis-je.
Il me regarda avec des yeux ronds.
_ Qu'est-ce qui te prend ?
_ On a quoi, l'heure d'après ? demandai-je en regardant mes doigts.
_ Je n'en sais rien. Tu peux...
_ Réponds-moi, ordonnai-je.
_ Mais tu te prends pour qui ?
Le regard glacial que je lui lançai le fit taire. Il fouilla aussitôt dans son sac.
_ Merde ! Où est-ce que j'ai mis ce putain d'emploi du temps ?
_ Greg...
_ J'étais pourtant sûr qu'il...
_ Greg !
_ Quoi ? dit-il, énervé.
_ Tu viens de le foutre dans la poubelle.
_ Hein ? Je n'ai jamais fait ça ! Je...
C'est alors qu'il comprit.
_ Oh non ! s'exclama-t-il en se précipitant vers le sac noir plein de déchets. Nathan, aide-moi à le retrouver !
_ Et puis quoi encore ? Je n'y suis pour rien si tu es aussi stupide que mon petit frère !
_ Tu l'as encore ?
_ Bah oui ! Tu croyais qu'il était mort entre-temps, peut-être ?
Je m'accroupis près de mon ami, et observai attentivement le sol.
_ Je l'ai trouvé, dis-je.
_ Où ça ? demanda-t-il en ressortant ses mains à la propreté douteuse de la poubelle.
_ Là.
_ Mais nan ! C'était rentré dedans, tout à l'heure. Et je suis sûr que je n'ai pas loupé mon coup ; je ne fais pas du basket pour rien !
_ Il a roulé, ce n'est pas un drame. Ça n'a rien d'étonnant vu la tonne de trucs dégueulasses qui se trouvent dans ce sac, ajoutai-je.
Je défroissai la feuille et lu ce qu'il y avait marqué.
_ C'est bien à toi. Et après, on a...
_ ...Anglais ? s'écria Grégoire, en lisant par-dessus mon épaule. Encore ? Mais ils se foutent de notre gueule !
_ Calme-toi. Ta colère ne changera rien. Pas même le prof.
_ Tu crois qu'on peut quand même retourner en cours ?
_ Ouais, sûrement.
Bien que je préférai rester ici, on ne pouvait échapper bien longtemps à la réalité.
Tôt ou tard, on ouvre les yeux... chuchota une voix agaçante, semblable à celle de ma conscience.


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Le temps me manque, les devoirs pleuvent sans cesse sur moi, les activités extra-scolaires ne s'arrêtent pas...
Le rythme n'est pas facile à maintenir, mais je continue tout de même l'histoire =D
("La force du Jedi est en toi!!")
Ahlalaaa j'suis trop forte.

Breeeeeeeef' Sinon, vous en pensez quoi? =)
Si vous saviez toutes les idées que j'ai en tête pour la suite... Vous allez être surpris ;D

Ah oui, je ne sais pas si c'est dit dans le résumé, mais je précise: cette fiction est sensée être un Drame.
[préparez les mouchoirs XD ok jme tais =____="]

Bisous (L).

# Posté le dimanche 21 septembre 2008 15:30

Modifié le mercredi 25 février 2009 09:29

Chapitre 4

J'entrai dans la classe, morose. Si jamais ma mère apprenait que j'avais été viré dès le jour de la rentrée, elle me tuerait probablement, en faisant tout son possible pour que je regrette jusqu'à ma propre naissance.
_ Mr Leen, puisqu'apparemment, vous vous êtes décidé à suivre mon cours, mettez-vous à côté de Mlle March. Mr Raff, devant, près du bureau.
_ Pourquoi moi au premier rang ? s'insurgea Grégoire.
March...
Instinctivement, mon regard se porta sur une jeune fille brune que je reconnus aussitôt. La façon qu'elle avait de me regarder ne m'incitait vraiment pas à m'asseoir à côté s'elle ; c'était comme si ses yeux fixés sur moi, étaient illuminés d'une rage incontrôlable.
_ Heu... nan mais sinon, je peux prendre ta place, dis-je en me tournant vers mon ami, qui à son tour, regarda Kate. ^.^ '
_ Ouais ben finalement, je veux bien y aller, devant...
_ Arrête, t'es pas cool ! Nan mais t'as vu ses yeux ? On dirait qu'elle va tout détruire à moins de deux mètres...
_ C'est bien pour ça que je garde ma place, et toi la tienne, dit Greg. :D
Je sentis mon visage se décomposer.
_ Vous avez fini, vous deux ? demanda le professeur sévèrement.
_ Oui oui !! s'exclama mon meilleur ami en se précipitant vers sa chaise.
-_-'
« Meilleur ami »... C'était vite dit.
Je m'installai au bureau, prenant soin de mettre le plus de distance entre elle et moi. Malheureusement, mon geste que j'avais voulu discret ne lui échappa pas.
_ Quoi ? T'as un problème ?
_ Heu... non non !! Pas du tout.
_ Ecoutez-moi, les enfants, dit Mr Kenst. Puisque tout le monde a pris place, je peux dorénavant vous annoncer que votre emplacement sera définitif jusqu'à la fin de l'année.
De peu, je manquai de m'étouffer avec ma propre salive.
_ Hein ? Mais c'est pas possible !
_ Qu'y a-t-il, Mr Leen ? Votre place ne vous convient pas ?
Alors que j'ouvris ma bouche pour confirmer ses propos, je croisai le regard noir que me jeta Kate. Une goutte de sueur glacée longea lentement mon dos.
_ Je... heu... en fait, non, c'est bon, marmonnai-je en me rasseyant.
Ses yeux sont tout sauf humains, me dis-je en observant du coin de l'½il ma voisine.

_ Mais pète un coup, j'y ai pas touché ! m'écriai-je.
Grégoire et moi étions devant le collège, seuls. C'était la fin de l'après-midi, et j'avais enfin pu m'éloigner de la fille psychopathe qui me tenait lieu de voisine, à mon plus grand soulagement. C'était l'une des rares fois dans ma vie que quelqu'un me faisait cet effet... Une sensation de froid, qui me mettait souvent mal à l'aise.
Mon échine se mit à trembler.
_ Mais bordel, où est-ce qu'elle est ? >.< '
_ Tu crois que je vais te répondre, peut-être ?
_ Sans ça, je ne pourrais pas rentrer chez moi !
_ C'est vrai que t'es bien dans la merde...
_ Et c'est comme ça que tu compatis à mon malheur, Nath ?
Je ris franchement.
_ Je compatis à ta débilité, Greg, confonds pas !
_ Je vais te... commença-t-il en se précipitant vers moi.
D'un mouvement précis et contrôlé, j'évitai son coup de poing pour ensuite lui en donner un dans ses parties sensibles.
_ Enfoiré... souffla-t-il, plié en deux.
_ Arrête, je t'ai à peine touché ! dis-je avec un sourire. =]
_ Tu restes un enfoiré.
_ Si tu veux. Mais pour le moment, ce n'est pas moi qui ai l'air con sans ses clefs.
_ Putain, j'étais sûr de les avoir prises, ce matin !
_ Tu sais maintenant pourquoi je ne te fais jamais confiance.
_ Connard !
_ Moi aussi je t'aime ! :D
_ Bon, qu'est-ce que je fais ?
_ Et bien, pour le bien de l'humanité, je te suggère de prendre une corde, d'aller dans la forêt et...
_ Nathan ! Sérieusement.
oO'
_ Ben... tu peux faire la manche et te payer un hôtel !! ^.^ Ou passer la nuit dans un carton que t'auras piqué à un SDF, ou sinon...
_ Rhâââ ! Tu fais chier ! Je te demande une idée, pas de me débiter des conneries !
_ Toi aussi, t'as un cerveau, il me semble. Mais maintenant que j'y pense, c'est vrai que ce n'est qu'une supposition...
Il m'ignora...
_ Bah t'as qu'à venir chez moi, dis-je.
Aucune réaction.
_ Greg ! Je te parle !!
_ Hein ? fit-il, un peu dérouté. Excuse-moi, je pensais à un truc ; je peux m'incruster chez toi, juste cette nuit ?
Je le fixai sans rien dire, trop désespéré pour trouver les mots justes.
_ Nan mais c'était juste une idée comme ça, dit-il en détournant la tête.
-_-'

_ Maman ? Greg peut dormir à la maison ?
_ Non, désolée, on ne mange pas de poisson...
O_o
_ Heu... GREG PEUT DORMIR A LA MAISON ??
_ Mais qu'est-ce qui te prend de crier comme ça ? demanda ma mère en sortant de la cuisine, les mains sur les hanches. Ah ! Gregoire ! Comment vas-tu ?
_ Ça va, merci. Dites, vous pouvez m'héberger cette nuit, mes parents ne rentrent que demain des Etats-Unis, et comme je ne sais pas où est passée la clef de chez moi...
_ Mais oui, bien sûr ! Aucun souci !
J'eus un soupir de soulagement. Un instant, j'avais cru qu'elle allait refuser.
Au même moment, le téléphone sonna.
_ Nathan, tu peux répondre ? Je fais à manger, là.
_ OK !
Derrière moi, j'entendis le sac de Grégoire tomber lourdement sur le sol.
_ Allô ?
_ Oui, je suis bien chez les Leen ?
_ Oui, oui, c'est ça, répondis-je.
_ Vous êtes Mr Leen ?
_ Heu... théoriquement, oui, je crois... ^.^
_ Je suis le préfet des troisièmes au collège où est inscrit votre enfant, Nathan. C'était pour vous prévenir qu'il a été renvoyé de cours, et n'a pas été vu en permanence, ainsi que son camarade Grégoire Raff...
--'
_ Ah... eh bien, je... je lui parlerai... (huuum huuum !!)
_ Merci. Bonne soirée. Au revoir.
_ Au...
Il me raccrocha au nez direct.
Surtout, rester zen...
_ C'était qui ?
_ Un faux numéro, mentis-je.
_ Ah...



p'tit passage obligatoire:

# Posté le mercredi 08 octobre 2008 09:24

Modifié le lundi 13 octobre 2008 13:21

Chapitre 5

J'appuyai sur l'accélérateur, les nerfs à vif.
C'était la dernière ligne droite. Le moment ou jamais.
Je devais réussir !
A ma gauche, Grégoire était lui aussi stressé et avait ses sourcils froncés, signe d'une grande concentration. Une goutte de sueur perlait son front. Une fraction de seconde, il croisa mon regard et eut un étrange sourire vicieux. Aussitôt, je devinai qu'il voulait gagner coûte que coûte...
Mais j'étais prêt.
_ Ah ! Vous jouez à la course de voitures ! fit Will dans notre dos. Je peux jouer ? :D
_ Dégage, tu gênes, grinçai-je. --'
_ On dirait que c'est Nathan qui est en tête ! s'exclama-t-il joyeusement.
_ Ta gueule, Will.
Juste après mes paroles, Greg profita de mon inattention fugace pour foncer dans mon pare-choc arrière, faisant voler en éclats les phares luisants de ma superbe voiture de sport bleue.
Un juron m'échappa.
_ Grégoire, tu me passes ta manette pour que je joue ? demanda mon frère, une lueur d'espoir dans les yeux. *o*
Mon ami ne répondit rien, encore son sourire flottant sur les lèvres. Le choc qu'il avait infligé à ma voiture l'avait fait dévier un peu de direction, libérant ainsi le passage sur la droite. Exactement ce qu'il lui fallait pour me dépasser.
Nous étions au coude à coude, tous les deux n'ayant pour seul et même but : gagner la course.
La ligne d'arrivée n'était plus qu'à environ soixante-dix mètres. Je devais tenir jusque là, donner le meilleur de moi-même ; je...
Au même instant, William m'arracha des mains la commande de jeux.
_ Putain, Will ! Rends-moi ça!! >w<
Il me ricana au nez.
Juste après, Greg franchit la ligne d'arrivée sous mon visage horrifié, et eut un cri de victoire.
_ Yeaaaah ! Ahah ! Tu l'as dans le cul, Nathan !! xD
_ Qu'est-ce que Nathan a « dans le cul » ? demanda Will, intrigué. oO'
_ Heu...
Je ne pus m'empêcher de rire.
_ Mais vas-y, Grégoire, explique-lui ! XD
_ Hm... Eh bien... Il a... Abraham ! Il a Abraham !
O_O
_ Hein ? Abraham est dans ses fesses ? dit mon frère, avec une incrédulité totale
Je fronçai les sourcils. Qu'est-ce que Grégoire racontait ?
_ Exactement, dit mon meilleur ami, prenant peu à peu plus d'assurance dans ses propos. Il effectue un pèlerinage afin de trouver la lumière de Dieu. Mais bon, t'imagines la noirceur du trou du cul de Nathan, hein, alors le pauvre Abraham marche depuis des années, sans arriver au bout de sa quête ! ^.^'
OO'
Un grand silence accueillit son histoire délirante.
_ Greg, t'en as pas marre de dire que de la merde ? >.<'
_ C'est vrai ? Y'a Abraham dans ton postérieur ? insista Will en me regardant. *o*
_ Mais non ! Ne me dis pas que tu crois ce que raconte ce crétin fini ? m'exclamai-je en désignant Grégoire.
_ Qui appelles-tu « crétin fini » ? s'insurgea ce dernier.
_ A ton avis ! :D
Au moment où Greg se jeta furieusement sur moi, nous entendîmes mon petit frère dévaler les escaliers et crier à ma mère :
_ Maman ! Devine un peu qui se balade dans le cul de Nathan ! xD
-________________-'

_ Tiens, Greg, mets ça.
Je lui envoyai le premier pyjama qui me tombait sous la main.
_ Merci.
Après m'être allongé sur mon lit, je passai mes bras autour de ma tête. Je repensais à cette première journée de cours, qui avait été en vérité un peu désastreuse. Greg et moi avions été virés de cours, mais de plus, nous avions séché la permanence...
Et il y avait aussi cette Kate March, qui était dorénavant ma voisine pour toute l'année, et qui me semblait complètement antipathique.
Un soupir m'échappa.
_ A quoi tu penses ? s'enquit Greg en enfilant le tee-shirt que je venais de lui passer.
_ Rien.
_ Joue pas à ça ! Je te connais, quand même.
J'éteignis la lumière, et après de longues secondes, je me lançai enfin.
_ Greg, comment tu connais Kate ? Enfin, je sais pas, mais je te vois pas trop traîner avec la première psychopathe, alors je me demandais...
_ Ce n'est pas une psychopathe, tu sais. Cette fille est vraiment géniale.
_ Ah... bah pourquoi t'as voulu l'éviter, aujourd'hui ?
Il ne me répondit pas tout de suite.
_ Je me suis pris un râteau, en quelque sorte, fit-il.
Dans le noir, je devinai son sourire.
_ « En quelque sorte » ?
_ Ouais.
O_O
C'est quoi cette histoire ? me demandai-je.
_ Heu... tu veux bien m'expliquer ?
Cette fois-ci, ce fut lui qui soupira.
_ Tu te souviens, avant de jouer au basket, je faisais de la boxe.
J'acquiesçai, sans pourtant voir le rapport.
_ Oui, et tu m'emmenais avec toi de temps en temps. Tu m'apprenais quelques trucs utiles.
_ C'est ça. C'est là que je l'ai rencontrée pour la première fois.
_ Kate ? o_O
_ Oui. En fait, elle aussi fait de la boxe. Elle est vraiment douée.
_ C'est quoi le rapport avec ton râteau ? fis-je.
Dehors, il se mit à pleuvoir. De petites gouttes d'abord, puis il me semblait que des poings énormes frappaient contre la vitre de ma chambre. Je fermai les yeux et me laissai bercer par la mélodie pluvieuse.
_ Lorsque je lui ai demandé de sortir avec moi, elle m'a proposé un combat ; si je gagnais, elle serait ma petite amie. Dans le cas contraire, je pouvais toujours courir...
_ C'est bizarre, comme truc. O.o
_ Ouais, mais je crois qu'en fait, elle était sûre de gagner. Pourtant, elle ne m'avait jamais vu me battre, et ignorait que j'étais le meilleur de ma catégorie. Et je te jure que sur le ring, j'ai donné le meilleur de moi-même, mais ça n'a pas suffit. Je me souviens de ses yeux ce soir-là. Ceux d'un vrai animal...
_ Arrête, déconne pas quand même ! C'est une fille normale, fis-je nerveusement à l'idée qu'en tant que voisine, elle pouvait me bondir dessus n'importe quand. :S
_ Elle n'est pas comme les autres, murmura-t-il. J'en suis convaincu depuis bien longtemps.
J'avalai difficilement ma salive.
_ Bonne nuit, dit Greg.
Comment voulait-il que je réussisse à m'endormir après m'avoir sortit des trucs pareils ? >.<'


Chapitre 5

# Posté le mardi 04 novembre 2008 11:31

Modifié le jeudi 26 février 2009 14:03